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Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)

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nady
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Sam 31 Mai - 22:06

merci

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Mac se réveilla en sursaut. Elle entendit sangloter à côté d’elle et se tourna vers la jeune femme à qui elle avait parlé un peu plus tôt.

-Vous allez bien ? demanda Mac d’une voix douce.

-Oui, ça va, répondit la jeune femme en lui souriant légèrement. Un trop plein d’émotions.

Mac hocha la tête et haussa les épaules.

-Je comprends tout à fait.

-Je m’appelle Kathy, continua-t-elle en tendant la main.

Mac fut surprise d’un tel geste. Elle ne s’attendait pas à ce que cette inconnue veuille faire réellement connaissance.

-Sarah, répondit-elle en lui serrant la main. Qu’allez-vous faire à San Diego ?

-Je… Je n’ai pas envie d’en parler, bredouilla Kathy, les yeux fixés sur le siège devant elle. C’est une longue histoire.

Elle haussa les épaules, réprima un frisson. Des souvenirs d’un passé pas si lointain l’envahirent et elle se revit à son mariage, à la naissance de sa fille et enfin au téléphone, la dernière fois qu’elle avait entendu sa voix.

Kathy poussa un soupir. Un coup d’œil en biais à sa voisine de droite lui dévoila un profil volontaire. Elle dégageait cette générosité intrinsèque qui incite aux confidences, et Kathy sentait qu’au fond d’elle, elle avait un devoir à accomplir.

-Mon mari est décédé il y a deux ans à la suite d’un accident de la route, murmura-t-elle, optant pour une version édulcorée des faits. Nous venions de divorcer.

Il manquait à son récit la souffrance, la honte, les larmes, tout ce qu’elle s’efforçait d’oublier.

-Je suis désolée, répondit Mac, soudainement perdue dans ses pensées.

-Et vous ? Que venez-vous faire à San Diego ?

-Je viens essayer de retrouver l’homme que j’aime, dit Mac après un long silence. Harm. Nous étions fiancés. Nous avons dû nous séparer il y a quelques années.

Sans un mot de plus, elle ferma délicatement les yeux, sous le regard ému de Kathy. Voilà donc la cause de son chagrin, songea-t-elle.

-Comment était-il ? demanda tout à coup Mac.

Kathy regarda un instant par la fenêtre, puis cligna des paupières en avisant sa compagne.

-Qui ça, mon mari ?

Un blocage l’empêchait d’évoquer ce sujet trop douloureux. Peut-être le surmonterait-elle grâce à cette femme. Et pas seulement parce qu’elle avait l’air à l’écoute, réellement intéressée et aussi blessée qu’elle. Elle voulait soudain l’aider à vaincre la fragilité qu’elle pouvait deviner sous ses airs forts.

-Mon ex-mari, Trevor, était un homme grand et fort, et complètement dévoué. Nous nous sommes connus lorsque j’avais 19 ans et nous nous sommes mariés trois ans plus tard. J’ai vécu les plus belles années de ma vie avec lui. Nous avons une fille, Maureen. Malheureusement, ces dernières années, notre couple avait commencé à se défaire et, au bout du compte, nous nous sommes séparés. C’est le seul homme que je n’ai jamais aimé, vous savez. Et notre séparation fut la chose la plus dure que je n’ai jamais eu à faire. La dernière fois que nous nous sommes parlés était au téléphone. Nous nous sommes encore une fois disputés… avant qu’il ne meure.

Des larmes lui brouillaient la vue et elle secoua la tête. C’était la première fois depuis la mort de Trevor qu’elle parlait vraiment de lui à quelqu’un. La douleur la transperça, intacte comme au premier jour.

-Malgré tout ça, il me manque, lâcha-t-elle d’une voix caressée par la douleur.

Du bout des doigts, Mac lui toucha le bras.

-Il n’y a pas de honte à pleurer. Je me doute qu’il vous manque. Comment est-ce arrivé ?

-Il est chauffeur de poids lourds. Il a perdu le contrôle du véhicule. La police a dit qu’il avait bu. Les médecins n’ont rien pu faire. Il est parti comme ça. Je n’arrêtais pas de penser : « Pourquoi vous êtes-vous disputés ? Tu aurais dû le laisser parler à Maureen au lieu de te mettre en colère et de lui raccrocher au nez. » Notre petite fille n’a même pas su dire au revoir à son père. Avant sa mort, il voulait partir avec elle en vacances.

Elle s’était rapprochée de Mac, en quête d’un peu de réconfort. Bizarrement, elle se sentait plus légère, presqu’heureuse, comme si, en évoquant ces souvenirs, elle avait fait revivre Trevor l’espace d’un instant.

-Qu’est-il arrivé à vous et votre fiancé ? demanda soudain Kathy.

-Nous avons eu un accident et…

Au mot « accident », Mac tressaillit. Cet épisode était toujours pénible pour elle. De quel droit pouvait-elle s’accabler sur son sort alors qu’à côté d’elle, cette femme avait perdu son mari et une petite fille son père ? Mac repensa tout à coup à l’accident qui lui avait coûté sa relation avec Harm et à ce qui l’avait provoqué : un camion manipulé par un conducteur ivre. Elle frissonna et chassa cette pensée de sa tête, elle se refusait de penser aux coïncidences.

-Nous venions d’annoncer à la mère d’Harm que nous allions nous marier et sur le chemin du retour… Je ne sais pas exactement. Je me suis réveillée à l’hôpital et je ne l’ai plus jamais revu. Nous nous sommes séparés sans vraiment en parler.

Kathy avait à son tour saisi la main de Mac et toutes les deux s’abimèrent dans la contemplation du ciel à travers le hublot.

-Vous l’aimez encore ? murmura Kathy d’une voix douce.

-J’ai essayé de l’oublier mais… Mac s’arrêta et reprit son souffle pour continuer à dire tout simplement : oui, je l’aime toujours.

-Ne sentez-vous pas sa présence, quand vous pensez à lui ? demanda Kathy, avec la sensation que Mac savait exactement de quoi elle parlait.

-Parfois, tard dans la nuit, je me mets à lui parler. Ca peut vous paraitre fou, mais j’ai souvent l’impression que sans le savoir, il m’entend.

Kathy hocha la tête. Elle avait agi de même après le décès de Trevor et en avait tiré le même soulagement.

-Je suis persuadée que les personnes que nous aimons, qu’elles soient décédées ou éloignées de nous, peuvent nous entendre, ou du moins, sentir que nous pensons à eux. Selon moi, certaines personnes ne font que passer dans nos vies. On dirait que ces gens là arrivent dans nos existences uniquement pour nous apprendre quelque chose. On se rencontre un jour et cette rencontre, bien que paraissant ordinaire, nous offre un don, une explication, une leçon qui nous servira plus tard. Je pense que nous sommes tous unis les uns aux autres, sans le savoir. Comme le ciel qui recouvre chaque endroit de la terre, qui semble si unique pour chacun de nous mais qui ne fait pourtant qu’un, nous sommes tous étroitement liés. Ces "personnes" sont là pour ça. Ce sont des âmes spéciales chargé de nous faire nous retrouver.

Mac acquiesça en s’efforçant d’assimiler ses paroles. Elle les comprenait, bien sûr, mais la compréhension n’avait jamais adouci le chagrin.

-Comment reconnait-on sa "personne" ? Soupira Mac.

-Je ne sais pas. Je ne sais même pas si elle est elle-même au courant de son don, mais elle l’utilise, sans vraiment le savoir. On la rencontre un jour et inconsciemment, on s’en souvient toujours.

Mac prit quelques secondes pour y réfléchir et dit avec un sourire crispé :

-Vous vous imaginez vraiment que je vais vous croire ?

-Ces choses-là n’ont pas attendu que vous croyiez en elles pour exister, répliqua Kathy d’une voix douce et persuasive.

Mac renonça à la réfuter et pensa au sens de ces paroles. Pourquoi ne serait-ce pas possible ? Après tout, elle avait bien commencé à prier, alors pourquoi certaines personnes ne pourraient pas sans le vouloir, avoir un impact considérable sur votre vie ?

-J’aimerais rencontrer une de ces "personnes", murmura Mac. J’aimerais que quelqu’un me montre que ma vie est liée à celle de quelqu’un d’autre. J’aimerais savoir que ce que j’ai vécu avec Harm, d’autres l’ont vécu aussi. Je sais que c’est égoïste, mais quelques fois, je me sens si seule.

-Vous allez retrouver Harm, Sarah. Vous allez le retrouver et je suis persuadée qu’après, votre vie ne sera plus jamais comme avant.

Mac n’eut pas le temps de réfléchir à ces paroles que le pilote de l’avion annonçait leur atterrissage imminent à l’aéroport de San Diego.

Arrivées dans l’enceinte de l’aéroport, Mac et Kathy se séparèrent. Elles ne s’échangèrent pas leur coordonnées, elles ne se dirent même pas leur nom complet. Certaines choses devaient rester enveloppées par le silence. Oui, certaines personnes n’étaient faites que pour se rencontrer un instant. Elles vous apprenaient quelque chose avant de s’en aller, en vous laissant pour toujours l’offrande qu’elles vous avaient faite.

En regardant Kathy s’engouffrer dans un taxi, Mac eut la sensation inouïe que Kathy était l’une de ces "personnes". Oui, Mac allait retrouver Harm. Elle allait le retrouver et bien sûr, après, elle aurait enfin la réponse sa question : pourquoi l’avait-il laissée ? Ensuite, comme Kathy l’avait dit, rien ne serait plus jamais comme avant… avec ou sans Harm.

Elle se demanda si ces « personnes » avaient un quelconque rapport avec Dieu. Dieu, avec qui elle se surprenait à parler de plus en plus souvent, alors qu’elle n’avait jamais été intéressée par lui auparavant. Elle avait appris son existence quand elle était enfant par la voisine d’à côté, et même à ce moment, elle avait su que ce n’était qu’une quantité de conneries. Elle n’y avait jamais rien compris, jamais complètement. Il y avait tant d’histoires, tant de croyances dans la vie qui se contredisaient, qui mentaient, qui mettaient en scène des choses toujours trop parfaites pour être vraies. Pourtant, penser à quelque chose d’absolu, de plus infini que la simple réalité la réconfortait parfois.

Elle regarda les gens autour d’elle qui se déplaçaient comme s’ils savaient tous où aller sans réfléchir, comme s’ils suivaient les pas d’une danse qu’ils connaissaient par cœur. Mac n’avait jamais appris les claquettes, le ballet ou la danse moderne. Elle n’avait jamais appris à bouger, excepté à ses côtés à lui en suivant ses propres pas.

Mac sentit le vent qui soufflait dans ses cheveux comme pour l’aider à respirer et resserra son trench beige autour d’elle. Une sensation de paix l’envahit alors et elle rassembla toute son assurance. Elle irait d’abord parler à Patricia Burnett et mettrait tout au clair. Elle sourit avec confiance en sentant que comme Kathy l’avait dit, tout ne serait jamais plus comme avant.

Elle rentra dans un taxi et donna la direction du centre-ville. Une fois arrivée, elle regarda autour d’elle et remarqua la pancarte rouge vive d’un café qui attira son attention : « Chez Meloni’s, le meilleur du café».

Sans penser, Mac entra et alla s’assoir tout au fond de l’établissement. Elle avait besoin d’un café fort, et de silence pour réfléchir.


Finalement, une seule rencontre a suffit pour te donner la force d’avancer. Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir rencontrer sa "personne". Mais on peut la croiser parfois, seulement à la lueur d’une coïncidence fragile…

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sedb
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BélierDragon
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Sam 31 Mai - 22:09

Je viens de tout relire d'un coup, et j'aime toujours autant Very Happy

Vivement la suite Wink
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Isabelle
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GémeauxSerpent
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Sam 31 Mai - 22:14

J'aime beaucoup, Nady. Vivement la suite.
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Didine
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BélierChèvre
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Sam 31 Mai - 22:17

Bon j'avoue, le passage précédent, j'avais un peu lu en diagonale. Non pas que Vince ne me paraîssait pas gentil. Mais bon, moi et les aventures de Mac quand c'est pas Harm, je n'arrive pas vraiment à lire. Désolée.

Enfin, au moins, il lui fait prendre conscience et la pousse à partir.

Je me demande comment vont se passer les retrouvailles avec Trish, et qu'est ce qu'elle va inventer comme mensonge pour empêcher Mac de voir Harm.
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"Notre vie est un livre qui s'écrit tout seul. Nous sommes des personnages de roman qui ne comprennent pas toujours bien ce que veut l'auteur."Julien Green
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Victoire
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VerseauCoq
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Sam 31 Mai - 23:09

Waaaaaaaa!
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nady
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BalanceDragon
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Lun 2 Juin - 23:11

Chapitre quatre : le même jour

Il s’y rendait régulièrement, afin d’enlever les feuilles mortes, de nettoyer la petite pierre tombale, et d’arroser les fleurs qu’il avait plantées tout autour. Souvent, il éprouvait l’envie soudaine de se recueillir sur sa tombe… Des fois, pourtant, il aurait voulu s’esquiver, de crainte de raviver des souvenirs trop cruels. Mais il ne pouvait s’en empêcher. C’était le seul endroit où il se sentait un peu plus proche d’elle.

Harm franchit les grilles en voiture et roula jusqu’à la tombe. Il descendit du véhicule et s’approcha. Il fit un rapide tour du regard. Il y avait peu de monde dans le cimetière aujourd’hui. Cependant, il put apercevoir une femme blonde non loin de lui qui pleurait devant une stèle. Décidément, cet endroit n’inspirait que tristesse.

Il tourna son regard vers la tombe et sa gorge se contracta lorsqu’il vit un nouveau bouquet de fleurs décoré de quelques parures. Qui avait bien pu l’apporter ? Mac n’avait connu que peu de monde à San Diego. Il ne s’attarda pas davantage sur la question et fixa le bouquet que le vent avait couché sur le flanc, faisant tinter les ornements… Il le remit sur le socle et regarda avec attention chaque fleur rose. Elles lui rappelaient étrangement ces fleurs qu’il lui avait offertes quelques années plus tôt à leur premier rendez-vous. Ses mains avaient mis les fleurs dans un vase avec mille précautions… Des bribes de phrases qu’elle avait alors prononcées lui revinrent brutalement en mémoire.

Soudain, les souvenirs le submergèrent, prêts à l’engloutir, et il se mit à pleurer silencieusement sur son plus grand amour perdu à jamais. Enfin, il caressa du bout des doigts les tiges des roses encore érigées d’épines piquantes en murmurant son nom… Un son doux comme une musique qui lui allait droit au cœur.

−Je t’aime, mon amour. Je t’aimerai toujours.

Il se recueillit un instant sur la tombe, le cœur noué, comme à chaque fois qu’il lisait son nom gravé sur la pierre blanche, Sarah Mackenzie.

Harm se mit ensuite à retirer les quelques mauvaises herbes qui avaient envahi le contour de la tombe, tout en parlant à mi-voix, suivant son habitude.

−Tu me manques. Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à toi. J’ai l’impression que tout s’acharne contre moi pour me rappeler que tu n’es plus là.

Il sourit à cette pensée.

−Tu te rappelles notre premier Noël ensemble? Pendant des jours, tu t’étais évertuée à trouver le menu parfait. Et bien figure-toi que ma mère a fait préparer un repas presqu’identique pour le réveillon cette année.

Son air se referma et il ferma les yeux.

−Je n’ai rien pu avaler.

Chaque jour sans elle était un supplice. Chaque repas, chaque réveil, chaque promenade, tout criait l’absence de Mac… Mac qui n’avait été présente que si peu de temps dans sa vie. S’il avait su… Mais qu’est-ce que ça aurait changé ? L’aurait-il aimée, dorlotée, cajolée davantage ? Il avait fait le maximum. Et cependant, Harm aurait donné sa vie entière pour sentir une fois de plus la main de son seul et unique amour dans la sienne. Et ses lèvres si douces contre sa joue…

Harm essuya une larme qui coulait sur sa joue. Mac avait été un don du ciel, son don du ciel. Un ange que Dieu lui avait envoyé pour un temps, hélas trop bref, afin de lui donner une leçon d’amour. Et elle avait accompli sa mission.

Parfois, il arrivait à se remémorer parfaitement son sourire lumineux, ses grands yeux marrons, son visage rayonnant qui incitait chacun à l’aimer. Au début, il s’était demandé comment serait sa vie sans sa présence radieuse. Pour lui, cette mort prenait l’allure d’une punition, qu’on lui avait infligée pour ses pêchés, et lui rappelait qu’à tout instant, on peut perdre ce que l’on chérit le plus au monde.

Des fois, il avait l’impression qu’il était incapable de se rappeler son visage quand elle était avec lui. Il cherchait au plus profond de lui ses traits, la forme de son sourire et l’étincelle dans ses yeux, mais il ne trouvait plus rien. Il avait une peur folle de l’oublier, de se dire qu’un jour, elle ne représenterait plus qu’une infime partie de sa vie.

Harm se redressa et posa un dernier regard sur la stèle.

−Je t’aime.

Le mot « au revoir » ne put franchir ses lèvres. Il se dirigea vers la voiture à petits pas, les jambes flageolantes. Pourtant, comme à chaque fois qu’il lui parlait, un étrange sentiment de paix s’était glissé dans son âme.

Alors qu’il allait ouvrir la portière, il entendit un bruit sourd et se retourna. La femme blonde qui était déjà là quand il était arrivé pleurait encore devant la tombe. Il l’entendit crier quelque chose mais ne put savoir distinctement ce qu’elle disait seule devant la stèle. Harm hésita à s’approcher, mais lorsqu’il la vie tomber à genoux et frapper le marbre de ses poings, il courut vers elle.

−Madame ?

Il tenta de la redresser mais comme folle, elle se dégagea et envoya valser dans les airs un vase de fleurs.

−Vous vous faites du mal, continua Harm en la forçant à se remettre sur ses pieds.

Elle était à peine debout qu’elle s’appuyait contre lui et pleurait contre son épaule. En la sentant trembler, Harm passa un bras autour de son épaule et attendit qu’elle se calme. Sans le vouloir, les larmes lui venaient aux yeux alors qu’il tenait dans ses bras une inconnue dévastée par la mort d’un de ses proches. Il l’entendit marmonner quelque chose et essaya de se concentrer sur ses paroles.

−Croyez-vous en Dieu ? Demanda la jeune femme dans un reniflement en s’écartant de lui.

Elle le regardait, attendant qu’il réponde à sa question, attendant qu’il lui demande pourquoi elle demandait une telle chose à quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. Elle tendit la main, lui prit la sienne et plongea son regard dans le sien. Ses yeux bleus la détaillaient comme perdus et elle se surprit à les comparer à ceux de son mari dans cet hôpital lorsqu’il avait tenu dans ses bras pour la première fois leur fille après sa naissance. Elle tourna la tête vers la tombe à ses pieds et revit le sourire de fierté de son mari alors qu’elle serrait plus fortement la main sous la sienne.

−Pourquoi ?

−Pourquoi quoi ? répondit Harm en voyant qu’elle attendait une réponse.

−Pourquoi avez-vous perdu la foi ?

Il la fixait, étonné, perdu, vaincu et triste. Il est vrai qu’il avait cessé de croire en Dieu. Il avait cessé de croire en peut-être beaucoup trop de choses. En regardant cette femme, il ne pouvait s’empêchait de penser que lui dire la vérité l’attristerait encore plus, chose étrange étant donné qu’il ne la connaissait même pas. Elle avait l’air de se rattacher à chaque petite chose qui lui permettrait de croire que rien n’était perdu, qu’il existait encore au monde un peu d’espoir et que tout était possible. Qu’aurait-il pu lui dire ? Que plus rien pour lui ne comptait, qu’il avait tout perdu un soir et qu’avec l’amour de sa vie, s’étaient envolés ses illusions, ses envies, son espoir, sa douceur. Certains jours, il avait l’impression de ne plus rien contrôler, de n’être qu’un infime point dans le monde et de se laisser guider par les événements. Il ne s’en plaignait pas. Au contraire, il adorait ça. Il adorait être face au non-sens, il adorait se laisser dériver, il adorait perdre toute sensation, toute preuve de vie.

Il adorait se rapprocher d’elle.

Après quelques minutes, Harm entendit le silence à travers les feuilles des arbres et frissonna.

−Qui était-ce ? Demanda-t-il en jetant un rapide coup d’œil vers la tombe.

Il put l’entendre expirer et se demanda comment une femme qui semblait quelques minutes plus tôt si désespérée pouvait se tenir maintenant devant lui et lui tenir la main, comme si plus rien d’autre ne comptait que cette connexion inconnue et étrange qui les reliait.

−Mon mari.

−Je suis désolé.

−Moi aussi.

Elle essuya une larme qui coulait sur sa joue et renifla. Alors qu’Harm lui tendait un mouchoir, elle lui sourit tristement et ferma les yeux. Elle reprit la main d’Harm qu’elle avait lâchée et lui fit une légère pression.

Il l’observait, debout là devant cette tombe, les yeux fermer et ses cheveux blonds se balançant au gré du vent. Elle était spéciale, il en était certain. Elle dégageait une telle présence, une telle force qu’il se serrait volontiers laisser guider par elle, même sans la connaitre. Il serra à son tour sa main pour être sûre qu’elle était bien là, bien réelle.

Il sentit son cœur s’accélérer et se demanda si c’était parce qu’il s’apprêtait à dire quelque chose qu’il n’avait jamais avoué à personne, ou parce qu’il avait peur que l’effet qu’avait cette femme sur lui ne le pousse à rechercher une chose qu’il avait perdue, il y a quelques années.

−J’ai arrêté de prier après un accident, murmura Harm dans un souffle.

Elle ouvrit les yeux et tourna son regard vers lui. Au fond de ses yeux, elle aperçut une pointe de tristesse qu’il n’arrivait pas à cacher.

−J’ai commencé à prier après un accident.

Il avala, la détailla et reconnut sur son visage les traits d’une femme qui avait perdu un tas de chose mais qui avait gardé la force de se battre.

−Est-ce que ça marche ? Souffla-t-il du bout des lèvres.

−Je ne sais pas.

Elle regarda leurs deux mains enlacées et eut la sensation étrange de devoir accomplir quelque chose d’important. Elle reconnut cette sensation, elle l’avait déjà éprouvée, pas plus tard que ce matin. Elle sourit, sans le savoir.

−Je ne suis pas sûre de savoir pourquoi je le fais, avoua-t-elle.

−Alors pourquoi continuer?

Elle plongea son regard dans le sien et dit d’une voix sûre et forte :

−Parce que mon mari est là-haut et que j’aime le savoir au côté de quelqu’un. J’aime la pensée que quelqu’un puisse lui donner tout cet amour que nous avons un jour perdu.

Harm pensa à Mac, à la perspective qu’elle ne soit pas seule là-haut et que quelqu’un la chérisse. Mais aussitôt, il repoussa cette pensée de sa tête et maudit toutes ces croyances qui ne l’avaient mené nulle part. Personne ne pouvait aimer Mac autant qu’il l’aimait lui, personne, pas même un hypothétique être supérieur connu pour accomplir des prouesses alors qu’il prenait des vies. Harm était égoïste, il le savait lui-même. Il était égoïste, blasé, froid et dédaigneux. Il était tout ça pour ne penser n’être que la seule personne capable d’aimer si fort. Il n’en avait que faire. Il ne voulait penser qu’à elle et refusait de passer son temps à prier pour une chose en laquelle il ne croyait pas. Il voulait être complètement dévoué à Mac. Il voulait être la seule et unique personne dans sa vie comme elle avait été la seule et unique importance dans la sienne.

−Comment s’appelait-elle ?

La voix de la jeune femme sortit Harm de ses pensées et il frissonna.

−Qui ?

−Celle qui vous a fait perdre votre foi en la vie.

Il la regarda, froid et comme lointain. Au lieu de lâcher sa main, il la serra encore plus fort pour essayer de lui faire passer toute sa souffrance, comme pour qu’elle comprenne que tout ça lui faisait tellement mal qu’il n’avait plus la force de croire encore en quoique ce soit, de peur d’être déçu.

−Comment pouvez-vous ne serait-ce que croire un seul instant qu’un Dieu existe ? Cria Harm d’une voix froide et dure. Il y a quelques minutes, vous pleuriez encore la mort de votre mari ! Ou étiez-vous quand cet être soi-disant si bon vous a pris l’homme que vous aimiez ? A genoux, en train de prier pour lui ?

−Vous êtes en colère, le coupa-t-elle.

−Bien sûr, je suis en colère. Je suis fou de rage d’entendre de telles sottises quand le monde va si mal et que des gens souffrent. S’il existait vraiment votre Dieu, il ne me l’aurait pas enlevée.

Il lâcha brutalement sa main et soupira d’exaspération. Une larme coula le long de sa joue et il fit quelque pas pour s’éloigner d’elle.

−Quand vous verrez Dieu, redonnez-lui vite l’adresse du monde. Je crois bien qu’il a dû la perdre.

La jeune femme le fixa étrangement. Elle regarda cet homme, déchiré et à vif, qui semblait avoir perdu toute foi en quoique ce soit. Cette tristesse et ce vide dans regard lui comprimait le cœur et un instant, elle crut se rappeler avoir eu cette même sensation il y a quelques heures dans cet avion. Elle vit en lui la même douleur qu’elle avait reconnue en cette femme ce matin-là. Une douleur étouffante, triste et désespérée.

−C’est triste de voir quelqu’un qui n’a plus aucune conviction, susurra la jeune femme d’un regard perçant.

−C’est triste de voir quelqu’un se rattacher à des croyances futiles et inutiles, répliqua-t-il instantanément.

Elle lui sourit du coin des lèvres et lui renvoya ironiquement :

−Croyez-vous au moins en l’homme ? Croyez-vous qu’il existe sur terre, des êtres dotés d’un don particulier qui puissent vous rendre la vie un peu plus belle ?

Il la détailla, étrangement étonné. Curieusement, il était persuadé que certaines personnes étaient spéciales et pouvaient éclairer la vie des autres. Mac était une d’entre elles. Elle avait illuminé sa vie d’une façon qu’il n’avait jamais crue possible, lui faisant remarquer et apprécier chaque petit moment, tous ces petits moments que l’on est habitué à vivre chaque jour mais dont on ne s’inquiète jamais.

−Oui, je crois qu’ils existent des personnes particulières.

La jeune femme se rapprocha de lui, une expression étonnée sur le visage. Ainsi, il y avait encore un peu d’espoir. Ainsi, il restait encore en lui une douce lueur qui le maintenait debout.

−Elle s’appelait Sarah, murmura-t-il en lui reprenant la main.

−Vous deviez beaucoup l’aimer.

−Peut-être trop.

−On n’aime jamais trop quelqu’un, articula-t-elle d’un air assuré. Peut-être pas assez, mais jamais trop.

−Elle était ma « personne », ma personne spéciale.

Harm se passa son autre main dans les cheveux dans une tentative vaine d’empêcher ses yeux de s’humidifier.

−Des fois, j’ai peur de l’oublier. J’ai peur d’oublier son sourire ou le son de sa voix. Quand elle est partie, j’ai passé des nuits à écouter notre répondeur automatique. Je l’écoutais dire de rappeler ou de laisser un message et je comptais chaque seconde avant qu’elle ne s’arrête de parler. Je connaissais chaque son, chaque timbre, chaque moment ou elle prenait sa respiration pour continuer. Je l’écoutais des heures répéter la même chose et inlassablement, je lui criais de ne pas me quitter.

Harm s’arrêta et dirigea son regard vers la tombe de Mac. Il connaissait le temps et la quantité. Il était conscient de chaque minute, de chaque seconde, de chaque souffle. Il connaissait le nombre de jours qui était passé depuis qu’elle l’avait quitté. Il connaissait le nombre d’affaires qu’il avait traité sans elle à ses côtés. Il connaissait le nombre de fois qu’il lui avait parlé sans qu’elle ne soit vraiment là, pourtant, il ne savait jamais pendant combien de temps.

Il arrêtait de compter quand il était avec elle.

Entre eux, rien n’avait jamais été une question de temps.

Aucune précipitation, aucune obligation. Juste cette relation intense qu’ils s’étaient évertués à construire.

−Souvent, quand je lui parle, je perds toute perspective de la réalité et j’ai l’impression que tout durera toujours, articula Harm d’une voix basse.

Elle sourit, tendrement, et lui répondit d’un air connaisseur :

−Il est vrai que la vie est si courte que nous nous bâtissons des éternités de quelques heures et des traditions d’un seul jour.



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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Lun 2 Juin - 23:14

−D’où venez-vous ? Demanda Harm en rompant le silence.

Ils avaient trouvé un banc près d’une allée et étaient maintenant tous les deux silencieux, assis l’un à côté de l’autre.

−Orlando.

Harm la fixa, étonné. San Diego était bien loin d’Orlando, presqu’à l’opposé du pays. Il remarqua son air triste et consterné et posa sa main sur la sienne.

−Mon mari est mort ici.

−C’était votre droit de demander qu’il soit transporté jusque chez vous.

−Non, renifla-t-elle. Il a toujours adoré cette ville.

Devant son air nostalgique, Harm n’insista pas plus loin. Il l’a détailla un instant et admira son visage, la courbure de son nez, sa peau blanche et pâle et le blond si clair de ses cheveux. Elle avait en elle quelque chose de curieux, qui vous donnait envie de l’écouter et de la comprendre. Cette femme avait quelque chose de mystérieux, dont elle-même n’avait pas conscience.

−J’habitais à Washington avant que…

Harm s’arrêta et respira profondément.

−Pourquoi être parti? Continua-t-elle, en sachant pertinemment bien pourquoi ou plutôt à cause de qui il s’était arrêté.

−J’avais l’impression de la voir partout.

−C’était une mauvaise chose ?

−Non. J’avais envie de la voir partout.

Elle leva son regard vers le ciel. Le soleil brillait sans grande intensité et un vent doux balayait les feuilles des arbres. Elle ferma les yeux un instant et serra un peu plus la main de cet inconnu qui avait traversé les mêmes épreuves qu’elle, mais qui, de son côté, ne les avait pas totalement surmontées.

−J’ai voulu que mon mari soit enterré à San Diego car c’est dans cette ville qu’il m’a demandée en mariage.

Harm regarda une larme qui coulait doucement le long de sa joue et admira cette femme qui avait réussi à enterrer son mari loin d’elle grâce à un souvenir. Ce n’était pas son cas. Il n’avait pas pu rester si loin de Mac.

−J’ai quitté Washington parce qu’elle reposait ici et qu’après un certain temps, les souvenirs ne suffisaient plus.

Washington avait constitué une bonne partie de sa vie. Cette ville avait été le berceau de leur rencontre et avait vu grandir leur amour. Lorsqu’elle était partie, Harm avait d’abord vu dans son retour à Washington le moyen de se rappeler d’elle, de revoir les moments qu’ils avaient passés. Mais très vite, sa vie l’avait étouffé. Il la voyait partout, au Jag, chez eux, dans la rue. Le problème était que ces souvenirs ne le faisaient pas sourire mais lui donnaient encore plus envie de pleurer. Très vite, la proposition de sa mère de travailler pour Franck était arrivée et il avait de suite accepté. Le corps de Mac reposait à San Diego. Mac était à San Diego. Très vite, il avait eu besoin de beaucoup plus que des souvenirs.

La jeune femme sentit le vent qui balayait ses cheveux et elle inspira :

−J’adore cette ville.

Harm sortit de ses pensées et la fixa étrangement.

−C’est pourtant ici que votre mari est mort.

−C’est vrai. Mais c’est aussi ici qu’avec lui, j’ai vécu les plus beaux instants de ma vie. J’ai fait également ici de très belles rencontres. Pas plus tard que ce matin, j’ai rencontré une femme qui m’a profondément bouleversée et maintenant, je suis assise à côté de vous.

Elle se mit face à lui et plongea son regard dans le sien.

−Pourquoi ne pas aimer un endroit qui vous a apporté tant de choses ?

−Parce qu’il vous en a pris tant d’autres ? Répliqua Harm d’une voix railleuse.

Elle ne dit rien et se contenta de le fixer d’un regard déçu.

−Je déteste cette ville, murmura Harm d’une voix à peine audible.

−Alors pourquoi restez-vous ?

−Parce qu’elle est là.

−Elle est morte.

Elle est morte.

Elle est morte.


−Je sais, répliqua Harm.

La jeune femme expira et se demanda pourquoi certaines personnes étaient incapables de comprendre que malgré tout, la vie valait la peine d’être vécue. Bien sûr, elle-même avait eu du mal au début. Son mari l’avait laissée seule avec un enfant. Mais elle avait tout fait pour avancer. Même si elle pleurait encore souvent la nuit, elle arrivait à faire face et tentait peu à peu de refaire sa vie.

Peut-être sa relation avec Trevor n’avait-elle pas été aussi intense que celle entre cet homme et cette femme. Peut-être que le divorce avait fait qu’elle avait eu moins difficile que lui pour remonter la pente. Peut-être que, tout simplement, certaines personnes n’étaient faites que pour une seule autre, et que d’autres, au contraire, pouvaient avoir plusieurs âmes sœurs.

Kathy fixa sa main enlacée dans celle de cet homme et se demanda si Dieu était bien également généreux entre tous les hommes.

−Elle vous a donné quelque chose d’immense en vous offrant son amour. Elle vous a donné de merveilleux moments, fait découvrir le bonheur. Elle a accompli sa mission de personne spéciale. Peut-être est-il temps de la laisser partir.

Harm fronça les sourcils et sentit un élan de fureur lui monter à la gorge. La laisser partir ? Il y avait pensé. Vraiment. Il y avait pensé. Le problème était que son cœur restait fidèle à son image et qu’à chaque fois qu’il essayait de lui tourner le dos, la culpabilité lui revenait à la figure.

−Selon vous, tout a une signification ? Rien n’arrive par hasard ? Souffla-Harm d’une voix brisée.

−Peut-être. Peut-être que le hasard n’est qu’une illusion.

−Vous pensez que tout est prédéterminé ?

−Je pense que dans ce monde qui dépasse les idées reçues, il y a des choses que l’on ne peut comprendre.

Harm pensa un instant à ces paroles et se demanda si la mort de Mac pouvait réellement avoir une signification. Les gens mouraient-ils pour une raison ? Quand il y réfléchissait, son décès ne lui avait rien apporté qu’il ne savait déjà. Ou peut-être une chose : la tristesse. Il avait toujours su, déjà par son père, que perdre quelqu’un faisait mal, mais il n’avait jamais imaginé que la perte d’un être cher pouvait vous retirer toute envie, tout goût, tout émerveillement devant la vie.

−Je ne peux pas la laisser partir, murmura-t-il dans un souffle. Pas encore.

Elle regarda cet homme, perdu et déchiré, et sans le vouloir, s’émerveilla devant tant de loyauté. Rien qu’à la façon dont il parlait d’elle, il était facile de comprendre qu’elle était l’amour de sa vie. Elle fut sortie de ses pensées par le son d’une voix rauque et brisée.

−J’ai besoin de cet endroit, juste de cet endroit pour tenir le coup, bredouilla Harm en fixant la tombe de Mac. Elle était toujours la plus forte de nous deux. Dieu sait seulement comment ou pourquoi, mais elle l’était. En dépit de tout ce qu’elle a traversé, elle était toujours la plus forte.

Kathy sourit en entendant ces paroles.

−Vous êtes plus fort que vous le pensez.

Elle lui serra doucement la main. Harm sentit une montée de chaleur le traverser.

−Il se fait tard, je dois rentrer.

Kathy se leva et réajusta ses vêtements.

−Déjà ? S’enquit Harm d’une voix étonnée.

−Cela fait plus de deux heures maintenant que je suis ici.

Harm se leva à son tour et plongea son regard dans celui de cette femme qui l’avait tant étonné.

−Je ne connais même pas votre nom.

−Il y a des rencontres qui doivent rester ce qu’elles sont : de simples rencontres pour qu’on ne les oublie jamais.

Elle commença à s’éloigner de lui, poussée par le léger souffle du vent. Arrivée à quelques mètres, elle se retourna, un sourire sur le visage.

−Au fait, cria-t-elle, n’oubliez pas que ces personnes spéciales ne sont pas toutes spéciales de la même façon. Certaines peuvent vous parler pendant des années et d’autres pour seulement quelques heures. D’autres encore sont faites pour partir et certaines…

Elle s’arrêta et le fixa d’un regard perçant et persuasif, comme si elle essayait de lui faire comprendre quelque chose qu’elle savait au fond d’elle depuis longtemps.

−Certaines peuvent ne jamais réellement s’en aller, continua-t-elle le sourire aux lèvres.

Harm resta debout, tournée vers elle sans réellement la voir. Plongé dans ses pensées, il se demanda ce qu’elle avait voulu dire par là : certaines peuvent ne jamais réellement s’en aller.

Quand il cligna des yeux pour sortir de sa léthargie et le lui demander, il ne trouva qu’un espace vide et un nombre incalculable de tombes qui s’étendait devant ses yeux. Elle était déjà partie.

Il expira et se dirigea vers sa voiture pour rentrer au centre-ville. Une fois arrivé, il la gara dans le parking de la firme et décida de prendre un café avant la confrontation finale. Oui, lors du trajet, il avait eu tout le temps de réfléchir. Il voulait rentrer chez lui, à Washington. Et de ce pas, il allait aller l’annoncer à sa mère. Mais avant, il avait besoin de réfléchir à cette rencontre inattendue et aux questions qu’elle avait fait surgir. Devait-il essayer plus fort d’avancer ? Devait-il laisser partir Mac ? Mais plus important encore : qu’est-ce que cette femme avait voulu dire par « certaines peuvent ne jamais réellement s’en aller » ?

Plein de questions dans la tête, Harm se dirigea vers son café préféré. Il entendit l’enseigne rouge claquer sous l’effet du vent et se dit qu’ils feraient bien de la remplacer ou un jour, elle tomberait sur quelqu’un.

Il entra, s’assit au bar près de l’entrée et commanda un double espresso. Une bourrasque de vent le fit frémir et il se retourna pour hurler après quiconque n’avait pas fermé la porte en sortant. La personne était déjà partie, emmitouflée dans une longue veste beige. Harm frissonna en apercevant de dos la silhouette élancée de cette femme brune. Il ferma les yeux et tenta d’oublier de quoi elle avait l’air.

Mac est morte.


Pourtant, au fond de lui, il n’y croyait plus lui-même.

Certaines personnes peuvent ne jamais réellement s’en aller.


Non, sans savoir comment, il n’y croyait plus.


Tu te retrouves là, assis, en train de prendre une décision qui changera toute ta vie. Tu penses à cette inconnue que tu as rencontrée et tu te demandes soudain ce qui est arrivé devant cette femme qui se sentait, qui se savait croyante. Elle sera telle à jamais, hors du temps, à tes yeux, toi qui lui a souri, et aux yeux de ce créateur, le Créateur, en qui elle avait tant la foi.

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BélierDragon
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Mar 3 Juin - 7:15

Excellent Very Happy j'aime beaucoup Smile

Vivement la suite...
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Didine
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BélierChèvre
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Mar 3 Juin - 8:12

Si c'est Mac, pourquoi n'est t'elle pas restée ?

L'enseigne lumineuse, tu vas quand même pas nous la faire tomber à la fin sur Harm ou Mac, hein ? Twisted Evil

En tout cas, cette fic est magnifique.
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Victoire
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VerseauCoq
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Mar 3 Juin - 10:12

Je dévore ta fic!!!!!
Merci Nady c'est trop génial:D Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
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Jacqueline
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ScorpionSinge
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Mar 3 Juin - 21:47

Bravo pour la fic j'attends la suite avec impatience en attendant merci
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nady
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BalanceDragon
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Mar 3 Juin - 22:58

mdr non Didine, rien ne va tomber sur personne lol!

merci je suis contente que ça vous plaise

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Chapitre cinq


Patricia Burnet était assise derrière son large bureau de bois ciré. Le stylo dans sa main signait tout seul de la paperasserie tandis que son regard divaguait au travers de l’immense baie vitrée juste à côté d’elle. Elle regardait le ciel qui lui paraissait de plus en plus gris ces temps-ci. En fait, elle n’arrivait même plus à se rappeler la dernière fois où le ciel ne lui avait pas paru gris. Comment en était-elle arrivée là ?

Elle tourna son regard vers sa montre soigneusement enroulée autour de son poignet gauche et se mit à compter les secondes.

Le temps était venu.

Vince lui avait téléphoné il y a quelques jours, lui annonçant la très prochaine venue de Mac. Il lui avait dit qu’il savait tout, que s’il avait su ce qu’elle avait manigancé, il ne serait jamais entré dans son jeu, qu’elle avait fait beaucoup de mal et qu’il était temps de le réparer. Elle l’avait à peine écouté, pas parce qu’il avait tort ; au contraire, elle savait qu’il avait parfaitement raison. Trish avait toujours su que ce jour viendrait. En voyant son fils de plus en plus malheureux, elle avait su qu’un jour il découvrirait tout, que Mac reviendrait et qu’ils vivraient tous les deux, ce qu’elle avait un jour essayé de leur enlever.

Elle s’appuya sur le dossier de son fauteuil de cuir, soupira et tenta en vain d’apaiser son esprit. Elle fit un rapide tour de la pièce du regard et détailla ce que tout sa vie, elle s’était évertuée à construire : son univers. Depuis que Franck était devenu le PDG général de Chrysler il y a plusieurs années, elle avait pris le poste de seconde et s’était mise à gérer un tas de chose avec force et témérité. Elle avait été si contente lorsque Harm avait accepté de venir s’installer à San Diego et de s’occuper d’une partie des affaires juridiques de la société. Elle voulait tellement se rapprocher de lui et lui montrer ce monde si parfait qu’elle avait toujours voulu pour lui. Bien sûr, elle avait toujours aimé qu’il fasse carrière dans la marine, mais elle avait toujours pensé qu’il trouverait le temps pour fonder une famille à côté. Ca n’était pas arrivé.

Il y a deux ans de cela, elle était persuadée que tout était de la faute de Mac.

Aujourd’hui, elle n’en n’était plus si sûre.

Elle entendit le bip de son téléphone lui annonçant que sa secrétaire voulait lui parler et appuya sur le bouton vert.

−Oui, Mary.

−Une femme est ici, Madame. Elle n’a pas de rendez-vous mais…

−Faites-la entrer, coupa Trish dans un souffle.

Elle frissonna et sentit une boule d’appréhension qui grandissait dans son estomac. Sans vraiment pouvoir en être sûre, elle savait qui se tenait maintenant derrière sa porte.

Elle tenta de reprendre sa respiration et fixa la porte encore close en attendant, crispée, le son de la poignée. Elle l’entendit, vit la porte s’ouvrir doucement et une silhouette grande et élancée s’avança dans la pièce sans un pas d’hésitation.

Trish fixa la femme qui se tenait devant elle avec tant d’assurance et sourit du coin des lèvres en détaillant son visage. Vince avait fait un travail formidable. Mac était magnifique. Il ne restait pas une trace de cette nuit atroce. Personne n’aurait pu dire en la regardant qu’elle avait survécu miraculeusement à un accident mortel.

−J’ai rêvé de ce moment pendant des nuits entières, commença Mac d’une voix plate sans aucune émotion.

Trish cligna des yeux et s’essuya nerveusement les mains sur sa jupe de coton. Elle ne fut pas surprise du manque de politesse et de courtoisie et se leva de son fauteuil pour venir se positionner juste devant sa baie vitrée. Son ton fut plus doux que d’habitude et elle s’étonna elle-même devant la sincérité qui transpirait dans sa voix :

−Moi aussi.

Mac s’approcha d’elle en se tenant toutefois à une distance respectable de la vieille femme et se mit à détailler son profil plus en profondeur. Elle n’avait pas changé. Elle avait toujours cette attitude digne et droite. Elle inspirait toujours une certaine admiration et on pouvait voir dans ses traits, que la vie, elle non plus, ne l’avait pas épargnée. Mac fixa ses mains, légèrement abîmées avec l’âge, et put y voir toute la ténacité d’une femme qui avait toujours tout fait pour le bien de ceux qu’elle aimait. Du moins, c’est ce qu’elle avait toujours cru.

−Je suis ici pour rompre le pacte.

−Je sais, murmura Trish en se retournant vers elle lentement.

En regardant les traits vides et tristes de la jeune femme en face d’elle, elle se demanda si le soir, avant de s’endormir, elle pensait comme elle au choix qu’elle avait faits, à ces décisions qu’elle avait un jour prises. Des fois, Trish s’étendait dans le noir et laissait son esprit divaguer au rythme des battements de son cœur. Elle se concentrait dans l’obscurité et se laissait bercer par ces battements réguliers, espérant qu’ils durent toujours. Elle entendait son cœur et se demandait silencieusement quand il cesserait de battre normalement. Dans ces moments, elle repensait alors à tout ce qu’elle avait accompli et se demandait si ses choix étaient bien les meilleurs ; si, quelque part au détour d’un chemin, elle ne s’était pas trompée. Souvent, elle avait peur, tellement peur, et son esprit revenait inlassablement à ce pacte, qu’elle commençait à inévitablement regretter.

−J’ai eu tort de vous proposer cet accord, dit-elle en un souffle.

−J’ai eu tort de l’accepter, répondit Mac d’une voix dure.

Les yeux de Mac s’assombrirent de tristesse et elle détourna la tête. Les remords la rongeaient de l’intérieur depuis ce jour où elle avait accepté cette proposition. Elle n’avait cessé de s’imaginer comment Trish prendrait le fait qu’elle veuille tout arrêter. Elle n’avait jamais pensé que la vieille femme la laisserait partir sans une bonne bagarre, qu’elle se tiendrait devant elle comme anéantie et pleine de regrets. Mais était-ce bien réel ? N’était-ce pas une autre tentative satanique pour la faire tomber dans un nouveau piège ? Pendant deux ans à ruminer ses erreurs, Mac avait bien appris une chose : la méfiance.

−Pourquoi ?

−Pourquoi quoi ? Demanda Trish.

−Pourquoi regrettez-vous ?

−Parce qu’Harm…

Trish s’arrêta et reprit son souffle, en fixant inlassablement un point au travers de la fenêtre. Son bureau était au dernier étage d’un building luxueux au centre de San Diego. La vue donnait sur un parc dont elle ne pouvait distinguer réellement les détails. Elle était bien trop haute, au-dessus de tout. En fait, quand elle y réfléchissait, elle avait toujours tout regardé de haut, elle avait toujours tout analysé d’une distance respectable, sans prêter la moindre attention aux détails. Elle se demandait aujourd’hui si cette hauteur ne l’avait pas éloignée des vraies choses de la vie, de toutes ces petites choses qui lui semblaient avant si dérisoires.

−Harm va bien, n’est-ce pas ? S’inquiéta Mac devant le silence de la vieille femme.

Trish se retourna vers Mac et sourit devant l’inquiétude évidente de la jeune femme.

−Vous l’aimez toujours.

Ce n’était pas une question. C’était une déclaration simple et directe qui ne laissait pas de place pour la discussion.

Mac choisit de ne rien dire et regarda inlassablement les lèvres de celle qui aurait dû devenir sa belle-mère. Elle voulait qu’elle continue sa phrase, qu’elle lui dise qu’Harm allait bien, qu’il était heureux. Au fond d’elle, elle sentit un pincement au cœur devant cette affirmation : et si Harm avait avancé sans elle ? Et s’il ne l’aimait vraiment plus et qu’il avait refait complètement sa vie ?

−Harm va bien, Sarah, murmura Trish d’une voix tremblante. Il risque juste d’être un peu surpris en vous voyant.

−J’ai des choses à lui dire. J’ai des choses à lui dire et s’il n’éprouve vraiment plus rien pour moi comme vous me l’avez dit il y a deux ans, je partirais. Mais vous ne m’empêcherez pas de le voir.

−Je n’ai pas dit ça pour vous empêcher de faire quoique ce soit.

Trish pensa aux conséquences. Depuis deux ans, Harm était persuadé que Mac était morte. Rien n’aurait jamais pu lui laisser présager qu’en fait elle était bien en vie et que c’était sa mère qui avait tout manigancé. Comment réagirait-il en voyant Mac en chair et en os devant lui ? Trish n’en n’avait plus aucune idée. Elle avait l’impression de ne plus le connaitre depuis des années. C’est pour cela qu’elle devait prévenir Mac, qu’elle devait lui dire que son mensonge était bien plus important qu’elle ne le pensait.

−J’avais tort, soupira Trish. J’avais tort de penser que vous éloigner de mon fils lui donnerait une vie meilleure. Je le sais aujourd’hui parce que…

Elle s’arrêta et fixa Mac d’un regard perçant et honnête avant de continuer:

−Parce qu’Harm n’est pas heureux.

Mac inspira et serra la mâchoire. Ainsi, ces deux ans passés loin de lui n’avait été qu’une erreur de la part d’une femme qui croyait avoir un pouvoir sur tout ? Pour qui se prenait-elle ?

Elle se retourna et fit quelques pas vers la porte de sortie, en colère. Harm n’était pas heureux ? Alors pourquoi n’avait-il plus voulu d’elle après son accident ? Elle arrivait à quelques mètres de la porte et s’arrêta quand la voix de Trish retentit dans la pièce.

−Je sais que vous êtes en colère et que la dernière chose que vous voulez en ce moment est d’entendre encore le son de ma voix, mais vous devez savoir quelque chose de primordial avant d’aller parler à Harm.

Mac se retourna d’un bond et lui envoya un regard noir.

−J’ai passé deux ans de ma vie éloignée de lui parce que je pensais qu’il était heureux sans moi. Vous avez tout fait pour m’écarter de lui et vous m’annoncer aujourd’hui que c’était une erreur.


Deux ans…


Elle ferma les yeux pour retenir ses larmes et se retourna.

−Je vous déteste, dit-elle avant d’avancer vers la porte.

−Attendez ! Cria Trish. Vous devez vraiment savoir quelque chose qui...

Elle fut interrompue par le bip de son téléphone. Trish s’apprêtait à dire à sa secrétaire de ne pas la déranger mais celle-ci la prit de vitesse :

−Votre fils est là, Madame.


Harm était là.



Les deux femmes à l’intérieur du bureau se figèrent sur place. Mac se retourna vers Trish et se mit à trembler. Elle n’était pas prête. Elle ne pouvait pas le revoir comme ça. Ce n’était pas comme ça qu’elle l’avait prévu. Elle avait besoin de reprendre le dessus, elle avait besoin de se ressaisir et de reprendre une attitude digne. Elle avait besoin de rassembler ses idées pour pouvoir le regarder en face et ne rien oublier.

Elles n’eurent pas le temps de dire quoique ce soit que la porte s’ouvrait en un fracas. Harm entra, d’une nervosité évidente, et claqua la porte derrière lui avant de lever le regard vers le fond de la pièce où sa mère était censée se tenir. A la place, il tomba sur un visage pâle aux yeux d’un marron profond qu’il n’avait jamais pu oublier.

Le temps s’arrêta un instant…


Juste un instant.


…Avant de reprendre pour mieux avancer.


Tu te tiens là, dérouté. Tu ne sais plus quoi penser et alors que tu t’apprêtes à avancer, tu te rends compte qu’a chaque fois que le temps passe, quelque chose s’efface.

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Victoire
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VerseauCoq
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Mar 3 Juin - 23:06

ARGHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!

Mais tu es sadique en plus!!!
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BélierDragon
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Mer 4 Juin - 6:39

J'aime trop...

Mais il est vrai que l'angoisse est à son apogé.... Laughing

Vivement la suite
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Didine
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BélierChèvre
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Mer 4 Juin - 7:54

Dans deux secondes, Harm a un malaise. Shocked Shocked

Enfin, maman Harm regrette.

Me demandent comment ils vont réagir ? Mac a enfin appris que Harm n'était pas heureux.
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Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)

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