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Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)

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Isabelle
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GémeauxSerpent
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Sam 7 Juin - 22:01

Vivement la suite. J'ai hâte de lire les retrouvailles.
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nady
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BalanceDragon
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Dim 8 Juin - 14:45

Harm est un peu déboussolé... faut pas lui en vouloir le pauvre Wink

Chapitre six



Il la regardait assise juste en face de lui.

Elle avait arrêté de remuer son café juste dix minutes plus tôt. Une de ses mains reposait sur le côté de la tasse tandis que l’autre jouait nerveusement avec le coin d’une serviette de papier. Elle semblait comme absente, le regard perdu dans un endroit qu’il n’arrivait pas à définir.

Il la regardait toujours et se demanda si elle savait qu’il la fixait ainsi. Elle le savait sûrement. Elle remarquait toujours tout.

Soudain, le son de la porte du café en train de se fermer lui rappela leur dispute dans un endroit semblable à Washington, durant le neuvième mois de leur relation. Mac était sortie du McMurphy assez irritée par une bêtise qu’il avait dite. Elle avait claqué la porte du bar d’un coup sec et attendu un taxi dehors dans le froid, trop têtue pour attendre à l’intérieur au chaud. Il l’avait suivie et l’avait trouvée sur le trottoir, frigorifiée. Tout le long du trajet jusque chez elle, elle était restée la tête haute, un air de défi dans le regard. Il adorait la voir comme ça, obstinée, et surtout, il avait adoré la manière dont il s’était fait pardonné une fois arrivés.

Il essaya de penser à quelque chose qui ne la concernait pas mais il ne trouva rien.

Elle faisait partie de tous ses plus beaux souvenirs.

Son regard tomba sur ses mains qui bougeaient nerveusement et il voulut lui demander pourquoi. Pourquoi m’as-tu quitté ? Pourquoi ? Il se le demandait chaque jour depuis deux ans maintenant. Il ne le disait juste plus à voix haute. Avant, quand il allait sur sa tombe, il lui criait ces mots, debout devant la stèle de pierre. Il la suppliait de revenir. Il lui demandait encore et encore. Il lui faisait des promesses qu’il disait tenir toujours. Et quand il entendait sa propre voix, supplier avec tant d’espoir, il tentait de ne pas pleurer.

Et maintenant qu’elle était là, assise devant lui dans ce café, il ne trouvait plus les mots. Il ne savait plus quoi dire.

Il devait demander.


Pourquoi ?



Déjà quand ils avaient quitté le bureau de sa mère, sans un mot, il n’avait pas su dire quoique ce soit. Trop occupé à se persuader qu’elle était réelle. Le trajet jusque chez Meloni’s s’était également fait dans le silence, aucun des deux ne sachant quoi dire. Comment en étaient-ils arrivés là ? Harm ricana intérieurement. Comment? Ce n’était pas compliqué. Il n’aurait jamais dû en arriver là, puisqu’elle était censée ne jamais revenir.

Pourquoi ?

Pendant deux ans, il avait pleuré sur sa tombe, essayé avec peu de volonté d’avoir une autre chance dans la vie. Avait-elle, elle, avancé ? S’était-elle donnée une pause, un nouveau départ ? Il avait été prêt à tout lui donner. Elle avait trouvé la force de le quitter, peut-être aurait-il dû avoir la force de la laisser partir.


Il avait toujours vécu dans le gris. Elle avait toujours été sa prise sur la couleur.



Il racla sa gorge pour que l’irritation qui l’empêchait de parler s’en aille et dit la première bêtise qui lui passa par la tête :

−Tu as faim ?

Elle plongea son regard dans le sien et il oublia tout le reste. Il n’y avait plus aucun bruit dans le bar, comme si chaque personne présente s’était arrêtée de parler juste pour eux. Il avait l’impression que même les gens dans la rue marchaient en silence et que le vent s’était arrêté de souffler. Il ne voyait plus qu’elle. Il la réentendit rire à une blague de Bud, il la revit parler à Harriet, courir au Jagathon, discuter avec Sturgis.

Il avait l’impression de revivre son passé et d’en oublier le moment présent.

Il détailla les traits de son visage. Elle n’avait pas changé. Il se rappela le choc qu’il avait eu quand il était entré dans le bureau de sa mère une heure plus tôt. Elle était là, juste devant lui, comme dans ses rêves, et il n’avait rien fait. Il était resté planté là, à la fixer. Ses mains tremblaient et il avait senti une larme couler le long de sa joue. Il avait voulu la toucher, la sentir, juste pour être bien sûr que c’était vraiment elle. Qu’elle était réelle.

Mais il n’avait rien fait.

Il n’avait pas bougé.

Comme apeuré, il avait continué à la regarder, et avait prié intérieurement que ce soit bien elle, et pas une image sortie tout droit du fond de ses rêves. Il avait senti son cœur s’accélérer et avait respiré plus fort. Comment était-ce possible ?


Comment était-ce possible ?



Il n’avait rien demandé et s’était contenté d’oublier qu’il avait pleuré et crié sur sa tombe. Il avait juste profité qu’elle soit là et lui avait demandé d’une voix brisée de le suivre. C’est ce qu’elle avait fait, sans rien dire. Ils étaient sortis du bureau, laissant sa mère à l’intérieur sans même lui prêter un regard.

Harm se repositionna dans son siège et but une gorgée de son café. C’était son quatrième aujourd’hui. Ca ne lui faisait plus rien. Qu’il en boive ou pas, il dormait souvent très mal et se réveillait très tôt. L’avantage est qu’il n’avait plus aucun problème de réveil depuis au moins deux ans.


Deux ans.


Il détestait ce chiffre. Il sentit sa colère monter devant ces deux années qu’il avait passées loin d’elle, ou plutôt, qu’elle avait passées loin de lui car c’était elle qui était partie. Elle était morte. Ou du moins, c’est ce qu’elle avait voulu faire croire puisqu’elle se tenait là, en face de lui aujourd’hui.

Après deux ans.

Deux ans.


D’un coup, il posa main au dessus de la sienne sur la table et il remarqua une larme couler sur sa joue. Qu’était-il en train de se passer ? Tant de questions se succédaient dans sa tête et il ne trouvait pas la force de les lui poser. Pas parce qu’il n’en avait pas envie, pas parce qu’il n’en avait cure, non… Juste parce que le seul fait qu’elle se tienne là, vivante en face de lui, lui redonnait à lui aussi la vie.

Il vit ses lèvres essayer de bouger et serra un peu plus fort sa main. Mon Dieu, qu’est-ce qu’elle lui avait manqué.

−Harm, murmura-t-elle d’une voix à peine audible.

Elle ne dit rien d’autre, posa son autre main au-dessus de leurs deux mains déjà enlacées et elle pleura. Elle pleura comme si enfin, elle pouvait se libérer. Comme si enfin, la vie lui faisait un cadeau en lui donnant la seule chance d’être là.

Harm vit ses yeux devenir plus sombres au fur et à mesure que les larmes coulaient et la sentit s’agripper plus fort à lui. Il se demanda si elle avait pleuré comme ça lorsqu’elle était partie. Pleurer comme ça pour lui. Il se demanda si pendant la nuit, elle se réveillait en sursaut, devant les souvenirs de leur ancienne vie ensemble. Il se demanda si elle avait pensé à lui, autant que lui avait pensé à elle.

Il l’entendit renifler mais ne laissa rien transparaitre. Depuis qu’elle était réapparue, il avait l’impression d’être comme hors de son corps, témoin de sa propre vie. Il se contentait de ressentir, d’essayer de comprendre cette bouffée d’émotions qui s’emparaient de lui à chaque fois qu’il la regardait. Pourtant, il était incapable de réagir. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, lui dire qu’il serait toujours là. Il aurait voulu sécher ses larmes de sa paume comme il l’avait fait dans les Appalaches. Il aurait voulu lui dire qu’il ferait tout ce qu’il pourrait pour devenir quelqu’un qui ressemble vaguement à tout ce qu’elle mérite. Lui dire qu’il n’y aurait jamais assez de kilomètres entre eux pour effacer ce qu’il ressentait pour elle.

Il aurait voulu lui dire que même si elle l’avait abandonné, il était prêt à tout pardonner.

−Non, dit-elle dans un souffle.

Il resta silencieux.

Il ne comprit ce qu’elle avait dit que quelques secondes plus tard, quand elle s’était déjà levée. Il lui avait demandé si elle avait faim, elle lui avait répondu non.

Quoi de plus normal, pensa-t-il. Ils avaient arrêté de manger ensemble il y avait de cela deux ans.

Deux ans.


Il la vit partir, comme impassible, et pensa qu’au milieu des fantômes qu’il était en train de regarder, il se voyait lui. Qui il était autrefois, cet homme qui n’avait peur de rien. Il se leva de son siège et s’observa lui-même, prenant son manteau, suivant en courant son chemin vers la sortie, et la rattrapant sur le trottoir. Cet homme devint doucement gris et transparent, à peine solide, et resta près d’elle.

Il se demanda encore une fois si elle était bien réelle, si son imagination n’était pas encore en train de lui jouer un tour. Il se demanda si au milieu de la foule, elle était bien là. Si son esprit, à l’affût de chaque goute d’espoir, n’était pas en train de créer lui-même cette situation totalement irréelle.

Il se demanda si, irrémédiablement ancré dans sa tristesse, il était en train de perdre la raison.

Harm reprit conscience et lui attrapa le bras juste avant qu’elle ne traverse.

−Où vas-tu ?

C’était la première phrase cohérente qu’il prononçait depuis qu’ils s’étaient revus.

La main d’Harm qui tenait son bras descendit doucement jusqu’à la main de Mac. Il la prit dans la sienne et ne put empêcher ses larmes de couler lorsqu’il la vit si proche de lui. Il n’arrivait plus à respirer et n’était même pas sûr de s’en soucier. Son autre main toucha son visage, effaça les larmes comme il rêvait de le faire. Il tourna son menton vers lui et quand elle ouvrit les yeux, il put voir sa peine. Cette peine qui lui brisait encore un peu plus le cœur.

Il voulait lui dire. Lui dire qu’il ne pourrait plus jamais vivre comme ça encore une fois. Qu’il avait besoin d’elle. Qu’il était désolé pour ce qu’il avait pu lui faire. Mais quand il ouvrit la bouche, seul un sanglot s’échappa dans l’espèce de silence irréelle qui les entourait. Il posa son front contre le sien. Chaud. Fiévreux. Perdu. Il enroula ses bras autour de sa taille et la tint aussi serrée qu’il put alors que son corps tremblait et se brisait

Ses larmes se mélangèrent avec les siennes. Leur esprit ne devinrent qu’un. Il pouvait goûter le sel sur ses lèvres et approcha son visage.

Il toucha ses lèvres et put sentir l’humidité de ses larmes sur sa bouche. Il ouvrit ses lèvres et alors que la chaleur s’installait en lui, il approfondit le baiser.

Alors qu’ils se séparaient, Harm se rendit compte qu’il ne s’était pas senti aussi vivant depuis longtemps. Il avait retrouvé le goût de la vie. Mais cette pensée ne put s’installer plus profondément en lui. Il entendit la voix rauque de Mac et son cœur se brisa. Encore.

−Harm, que fais-tu ? murmura-t-elle entre deux sanglots.

Elle leva sa main pour la poser sur sa joue. Elle plongea son regard dans le sien et tenta de formuler au mieux ses pensées. Pendant tout ce temps, assise en face de lui dans ce café, elle n’avait pas trouvé les mots. Elle avait bien eu une quantité de choses à lui dire, à lui avouer, à lui expliquer. Mais devant son mutisme, elle avait eu peur. Peur de découvrir qu’il avait avancé et de le voir la repousser. Elle savait que c’était pathétique, puisqu’elle était revenue exprès pour le voir lui. Mais elle n’avait jamais pensé que se retrouver en face de lui puisse lui faire si mal. Elle avait toujours imaginé leurs retrouvailles heureuses et féériques, le genre de chose que l’on voit dans les plus belles comédies romantiques. Malheureusement, elle était bien loin d’un conte de fée. Il n’avait pas dit un mot…

Pas un.

Mac se demanda alors si réapparaitre dans sa vie après deux ans avait bien été une bonne décision. Sur le moment, elle n’en avait pas douté mais alors qu’elle se tenait maintenant devant lui, toutes ses craintes lui revenaient à la figure. Peut-être qu’il ne voulait vraiment plus d’elle et qu’il ne savait pas comment le lui dire. Peut-être qu’il ne l’aimait réellement plus et qu’il se sentait gêné de sa présence.

Peut-être qu’il avait avancé et qu’elle devrait en faire de même.

Dans un dernier élan d’espoir, Mac se décida à le mettre devant le fait accompli pour voir sa réaction. Ainsi, elle serait fixée. Ainsi, elle ne pourrait plus s’en vouloir d’avoir accepté un accord hasardeux. Ainsi, la nuit, dans ses rêves, elle ne penserait plus à ce qui aurait pu être.

−Je n’aurais jamais dû revenir, n’est-ce pas ?

Elle l’observa et remarqua son visage impassible, comme si rien ne le touchait. Il la regardait mais ne bougeait pas, comme absent. Elle s’attrista devant son manque évident d’intérêt et fit un pas en arrière. D’un geste fragile, elle resserra son manteau autour d’elle en évitant le regard d’Harm et traversa la route.

Sans se retourner.

Harm resta là, débout, et cette fois, il ne courut pas après elle. Il avait l’impression d’adhérer à une présence mais d’être déjà hanté par une absence. Il avait cru avoir mal quand il l’avait perdue la première fois, mais alors qu’il voyait sa silhouette disparaitre au loin, Harm sentit son cœur s’arrêter de battre.

Pourquoi n’avait-il pas bougé ?


Je n’aurais jamais dû revenir, n’est-ce pas ?



Il cligna des yeux pour la faire réapparaitre mais il ne vit rien. Il était debout sur le trottoir au milieu de la rue et cherchait obstinément un reflet qu’il avait cru revoir, mais au fur et à mesure que les secondes passaient, il se demanda si elle avait vraiment été là. S’il l’avait bien vue, touchée, embrassée ? Il se demanda si son imagination n’avait pas semblée encore plus réelle que d’habitude, si dans un espoir fou de la vouloir vraiment là, il n’avait pas tout imaginé.

Perdu, Harm commença à errer dans les rues de San Diego, en se persuadant qu’elle avait bien été réelle. Mais plus il avançait, plus il en doutait.

Il sourit et pensa intérieurement que peut-être, après tout, elle n’était bien qu’un rêve.

Il força le pas devant le vent à contre sens, et pria pour ne jamais se réveiller.
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Didine
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BélierChèvre
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Dim 8 Juin - 14:56

C'est triste.

Ils n'ont pas réussi à s'expliquer, restent dans leurs pensées. Ca me donne envie de pleurer.

Comment ils vont pouvoir se retrouver maintenant ? Crying or Very sad
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"Notre vie est un livre qui s'écrit tout seul. Nous sommes des personnages de roman qui ne comprennent pas toujours bien ce que veut l'auteur."Julien Green
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Jacqueline
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ScorpionSinge
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Dim 8 Juin - 15:13

Vivement la suite bravo en attendant
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sedb
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BélierDragon
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Dim 8 Juin - 16:20

Les pauvres, ça doit être difficile pour tous les deux....

Vivement la suite
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Sedb
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Victoire
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VerseauCoq
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Lun 9 Juin - 17:46

Et la mémé dans tout ça elle qui aime tant son fils elle peut pas les aider??????????????????scratch scratch scratch scratch
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Isabelle
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GémeauxSerpent
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Lun 9 Juin - 21:31

Si seulement. J'espère qu'elle s'en voudra. Rolling Eyes
Très belle fic.
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nady
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BalanceDragon
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Ven 13 Juin - 19:08

merci les filles Wink je suis contente que vous aimiez!!

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Chapitre six



« Harm,

Beaucoup diront que je suis impardonnable, et que je n’ai aucun droit de t’écrire cela. Mais je sais que tu voudrais savoir, moi qui, depuis des années, t’épie et souvent t’arrête au passage, te démasque.

Je t’ai regardé grandir et je me souviens d’avoir aperçu, au milieu des autres enfants, livrée à cette tristesse cachée, ta petite figure blanche et décidée.

Plus tard, dans la salle de remise des diplômes, tu m’apparus sous les traits d’un jeune homme hagard qu’irritaient les cris de joie de ses camarades, alors que son seul but était de suivre les traces d’un père perdu.

Depuis lors, que de fois ai-je admiré, sur ton front vaste et beau, ta main un peu trop grande ! Que de fois, à travers les bureaux vivants de notre entreprise, t’ai-je vu tourner en rond, à pas de loup ; et de ton œil méchant et triste, tu me dévisageais.

Beaucoup s’étonneront que j’aie pu imaginer un pacte plus odieux encore que tous mes autres plans. Saurai-je jamais devenir un être ruisselant de vertu et qui a le cœur sur la main ? Je ne connais l’histoire des « cœurs sur la main » ; mais je connais celle des cœurs enfouis et tout mêlés à un corps de boue.

Je ne connais que cela, c’est vrai, et j’aurais voulu que tu ne suives pas mes pas. Il y a deux ans, dans cette chambre d’hôpital, j’ai cru faire quelque chose de bien. J’avais tort, je m’en rends compte aujourd’hui ; et dans toutes ces gorgées de regrets, je ne te demande qu’une chose : l’écouter.

L’écouter, car elle n’y est pour rien. J’avoue avoir tout imaginé, et ne lui avoir laissé qu’une seule et unique possibilité. Je te demande de l’écouter et de lui pardonner, parce qu’il est temps que tu atteignes ce bonheur dont je t’ai si longtemps privé.

J’aurais voulu que la douleur, Harm, t’aide à te tourner vers Dieu ; et j’ai longtemps désiré que tu pusses me pardonner. Mais plusieurs, qui pourtant croient à la chute et au rachat de nos âmes tourmentées, eussent crié au sacrilège.

Du moins, sur ce bout de vie où je t’abandonne, j’ai l’espérance que tu n’es pas seul.


Trish, ta mère qui t’aime. »



Harm, assis dans son fauteuil, relut plusieurs fois la lettre que sa mère venait de lui transmettre. Il vit le numéro de téléphone à l’arrière de l’enveloppe et l’écriture de sa mère : « Appelle-la, Harm. »

Il venait de rentrer quelques minutes plus tôt et tentait encore de rationaliser sa rencontre avec Mac quand il avait trouvé le bout de papier sur la table de sa cuisine. Il avait hésité à le lire, il avait pesé le pour et le contre, se disant qu’il était temps que sa mère arrête de diriger sa vie, et qu’en même temps, elle était sa mère et ne cesserait jamais d’en faire partie. Au début, il avait été étonné de découvrir son écriture fine et penchée. Les lettres inclinées reflétaient une certaine insécurité, comme si la main de sa mère avait tremblé. Il s’était d’abord demandé ce qui avait bien pu arriver pour qu’elle se sente si peu sûre d’elle. Puis, au fur et à mesure que les mots défilaient dans un style vieillot, digne du début du siècle dernier, il comprit qu’elle lui avouait son erreur, qu’elle endossait toute la responsabilité de quelque chose qu’il n’arrivait toujours pas à comprendre.

Que s’était-il passé dans cette chambre d’hôpital il y a deux ans ? Il n’en n’était pas certain. Mais il connaissait suffisamment bien sa mère pour comprendre qu’elle avait manigancé quelque chose d’effroyable et que, cette chose, avait un rapport avec le départ de Mac.

Mac….

Mac qu’il avait abandonnée sur ce trottoir du centre ville, incapable de lui avouer toutes ces choses qu’il aurait tant voulu lui dire. Après l’avoir quittée, il avait erré seul dans les rues, à la recherche d’une quelconque explication sur ce qui venait de se passer.

Il n’en avait pas trouvé.

Il se tenait maintenant là, assis au milieu de son salon, et avait la sensation étrange que cette lettre sonnait comme un adieu. Il admira la pénombre autour de lui et les derniers rayons de soleil qui lui permettait encore de distinguer l’écriture soignée de sa mère. Il aimait l’obscurité. Souvent, le soir, il s’asseyait dans le noir et fixait devant lui toutes ces choses qu’il n’arrivait jamais à distinguer. Etrangement, il ne se sentait jamais seul, comme si l’obscurité était devenue sa maison, sa consolation, sa vie. C’était dans la pénombre que se cachaient ses plus beaux secrets, mais aussi qu’il voyait ses occasions manquées d’amour, d’espoir, d’une femme qu’il croyait ne plus jamais revoir et qu’il se disait aimer toujours.

Parfois, il fermait les yeux, s’appuyait contre le dossier de son canapé et se laissait aller. Il ne jouait jamais à imaginer sa vie lorsqu’il était enfant, mais de puis quelque temps, il y jouait tout le temps.

Il s’amusait à penser et à croire.

Durant ces moments, il lui parlait. Il avait une conversation entière avec elle. Il ne disait jamais rien à voix haute, mais il lui demandait des choses. Il écoutait ce qu’elle pourrait répondre. Il amena son verre de bourbon à ses lèvres et sentit le goût souple du whisky lui titiller les narines.


Tu me manques, Sarah.



Dans sa tête, elle rigolait. Tu me manques aussi, Harm.


C’est calme ici, je ne me mets pas dans des situations impossibles.


Ce n’était pas à cause de moi que ça t’arrivait, Harm. J’étais celle qui te sauvait la mise.


Es-tu sûre que ce n’était pas moi qui te sauvais ?



Son cœurs se brisa, parce qu’elle avait toujours été capable de voir à travers lui. Il sourit un peu alors que les tics de l’horloge se faisaient plus persistants. Comme si le temps le pressait d’agir. Il inspira, fixant les aiguilles qui semblaient s’arrêter. Certains soirs, il pensait à des choses plus dures qu’il n’aurait dû. Il y avait des nuits où le vent soufflait et où son esprit se mélangeait autant que la tempête. Etrangement, ce soir était calme et une douce brise faisait vibrer les branches des arbres. Il faisait doux, pourtant il avait connu des tempêtes et savait ce qu’elles étaient capables de faire, et qu’elles referaient un jour, parce qu’elles revenaient toujours.


Parle-moi de ta vie, Mac.



Elle était silencieuse pendant un instant, et elle soupirait. C’était un souffle profond rempli d’amour. Tu devrais venir me rejoindre, Harm. Les gens sont merveilleux et tous très accueillants. Ici, il n’y a pas de tristesse ou de mauvaises personnes. Tout le monde est si souriant.


Est-ce que tu dors bien la nuit ?


Elle était silencieuse. Oui, mon amour, je dors. Mais toi, est-ce que tu trouves le sommeil ?


Il but encore une gorgée, prit son temps pour avaler et sentit le liquide le réchauffer.


Je ne dors pas, Mac. Je m’allonge sur le matelas. J’ai remis nos anciens draps, mais je n’arrive plus à sentir ton odeur. Ca me faire peur, à quel point je suis fatigué. Si je pouvais juste te serrer dans mes bras, juste une nuit, je crois que ça serait assez. Je pourrais continuer à survivre.


Harm…



Il se leva et passa la paume de sa main dans ses cheveux. Faire ça lui rappela ce que sa mère avait écrit dans sa lettre : le fait qu’il posait souvent son front dans ses mains. Il sourit ensuite en repensant aux quelques heures qui venaient de passer. Il avait revu Mac. Cette journée avait été remplie en émotions, avec d’abord cette femme, au cimetière, qui lui demandait de croire en la vie et ensuite Mac, saine et sauve, devant lui. Mac, qu’il avait embrassée deux heures plus tôt. Mac, qu’il avait tenue une nouvelle fois dans ses bras alors qu’il pensait que ça ne serait plus jamais possible. Il se rappela de la sensation de ses doigts dans ses cheveux, de ses larmes sur sa joue.

Il imagina sa peau sous ses doigts, le goût qu’elle aurait si elle ouvrait la bouche et qu’il l’embrassait fort jusqu’à ce qu’elle ne sache plus que respirer que par lui.

Il se rappela de quoi elle avait l’air et il sentit un goût étrange dans sa bouche.

Du whiskey et du miel.

Ses souvenirs lui faisaient mal. Mais il vivait en eux, il vivait pour eux.

Ils étaient comme elle.

Amers et suaves.


Eternels.

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nady
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BalanceDragon
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Ven 13 Juin - 19:12

Il tenait ces conversations imaginaires quand il se permettait de se détendre.


Il faisait toujours chaud à San Diego, même pendant la nuit. Une légère brise se baladait souvent à travers la nuit noire, faisant virevolter les feuilles des arbres. Il ne devait pas être passé dix heures du soir parce que le ciel n’était pas encore noir et qu’Harm pouvait entendre le vrombissement des moteurs de l’autre coté de la rue. Il dirigea son regard vers la pendule et tenta de lire l’heure malgré la pénombre. Il plissa les yeux et imagina son souffle près de son oreille. Elle lui murmurait quelque chose mais il n’arrivait plus à l’entendre. Il devint désespéré, désespéré de savoir ce qu’elle pouvait bien essayer de lui dire et alors qu’il se retournait pour la voir, elle avait disparu. Il regarda tout autour de lui et la chercha partout, mais elle n’était pas là. Il cria après son image, il cria pour qu’elle revienne mais il n’y avait personne pour l’entendre, personne pour se retourner comme si elle n’avait jamais été là. Comme si elle était invisible. Ou peut-être parce qu’elle était juste le fantôme d’une femme qu’il croyait connaitre.


Il faisait toujours chaud à San Diego, même pendant la nuit…
Pourtant ce soir, alors qu’il était seul dans l’obscurité, il se sentait différent. Il se calma et tenta de se concentrer sur autre chose.

Bientôt, son regard fut attiré par les valises posées à l’entrée du salon. Casey avait fait ses bagages. Finalement. Elle devait venir tout emporter bientôt. Peut-être ce soir. Il fixa le sac de cuir et serra la mâchoire. Il ne l’avait jamais réellement aimée. Pourtant, il avait à cet instant une pointe au cœur de la voir s’en aller.

Il serait de nouveau seul.

Livré à lui-même.


Et il se demanda s’il devait rire ou pleurer.



Il faisait toujours chaud à San Diego, même pendant la nuit…
Pourtant, ce soir, il se mit à pleuvoir.

Il sentit une forte pression au niveau du cœur et il amena sa main à sa poitrine. La pointe se fit plus persistante, comme si on lui pinçait le cœur tellement fort qu’il n’arrivait plus à respirer. Il se sentit opprimé, à l’étroit, mais resta immobile. Il était bloqué, la main appuyé contre lui comme pour l’empêcher d’exploser. Il ne savait plus respirer, il ne savait plus. Il serra les paupières et tenta d’avaler de l’air. La douleur disparut doucement et lorsqu’il ouvrit les yeux, il était seul. Il n’y avait personne à côté de lui, personne qui aurait pu l’aider. Il n’y avait que cette horloge et son bruit incessant, ces valises de cuir et toutes ces choses qui l’entouraient qui lui faisaient penser qu’il allait mourir, qui lui faisaient penser qu’il serait plus facile d’arrêter juste de respirer. Tout était silencieux, plus de voitures, plus de tic tac, plus personne. Il n’y avait que lui, seul, comme il avait l’impression de l’être depuis toujours, apprenant à vivre, à évoluer, à tout faire tout seul.

La maison était vide, toujours aussi silencieuse. Harm se leva et en se retournant, il vit le reflet de Mac à travers la baie vitrée. Il s’approcha et se tint là, devant la fenêtre, à fixer son image. Il ouvrit la bouche pour l’appeler mais cette fois rien ne sortit. Rien ne sortit parce que quand vous vous noyez, il n’y a rien d’autre que l’ondulation des vagues, la recherche d’air et l’envie de laisser tomber, de tout abandonner. Il plaça sa main contre la vitre et tenta de l’attraper mais il n’arrivait pas à l’atteindre. Il la vit lever la main à son tour et la placer de l’autre coté de la vitre contre la sienne. Il admira la douceur de ses mains et la façon dont l’or de sa bague de fiançailles brillait sous les reflets de la lune.

C’est quand elle regarda à travers lui, avec sa main encore posée contre la sienne, qu’il réalisa qu’il ne voyait plus rien, peu importe combien de temps il regardait. Elle ouvrit la bouche et murmura son nom, mais il y avait quelque chose dans son ton, dans ses yeux, qui lui fit savoir. Il n’était plus rien d’autre pour elle qu’un souvenir, un fantôme, le rappel d’une vie qui n’était plus. Il pleuvait fort ce soir, et quand elle murmura son nom, il se sentit couler. Il aurait pu nager, il aurait pu… Mais à la place, il se laissa aller.
Même dans la réalité, il avait toujours été le seul à abandonner.

Il regagna le divan et essaya de reprendre sa respiration. Son regard fut attiré par le téléphone posé sur la table basse. Il l’attrapa et l’écran s’illumina d’un vert électrique.

Il était neuf heures du soir et il se demanda ce qu’elle était en train de faire, avec qui elle était. Il se demanda qui se tenait à côté d’elle pendant la nuit, si elle avait retrouvé quelqu’un. Le téléphone était serré dans sa main, comme écrasé. Il ne savait pas pourquoi il pensait tant à elle ces jours-ci, pourquoi ses rêves avaient tant changé après tant de temps. Il n’arrivait pas à savoir pourquoi après deux ans d’attente, elle était revenue, et que c’était encore lui, accroché au téléphone, qui voulait l’appeler. Les limites n’avaient jamais fait partie de son vocabulaire auparavant, n’avaient jamais été sa force, et alors qu’il souriait intérieurement en sa rappelant tous ses écarts, il dialogua le numéro que sa mère avait laissé sur sa lettre.

−Sarah Mackenzie, murmura-t-elle et il réalisa qu’elle ne connaissait pas son numéro.

Pour ce qui sembla des secondes, puis des minutes, puis des heures, il ne parla pas. Il ne parlait pas, puisqu’il avait la possibilité de l’entendre respirer, de savoir qu’aussi longtemps qu’elle était en vie, il l’était lui aussi.

−Salut, répondit-il finalement, et il se demanda si elle se rappelait encore de lui, malgré la faiblesse de sa voix.

−Comment vas-tu ?

Il n’y avait aucun colère dans sa voix, et il se dit qu’il l’aimait encore plus pour l’intérêt qu’elle lui portait, pour son dévouement alors qu’il l’avait lâchement abandonnée sur un trottoir quelques heures plus tôt.

−Bien. Tu aimes San Diego?

−Il fait chaud.

Elle semblait différente, et il n’arrivait pas à trouver pourquoi. Il n’arrivait plus à se rappeler ses humeurs, ses émotions, son allure. Il regarda par la fenêtre et admira la pluie. Il pensa à elle, au temps, au bonheur. Les larmes menacèrent de couler et il respira, mais même à l’abri, il avait l’impression de toujours se noyer, de suffoquer.

−Je suis désolé de t’avoir dérangé, murmura-t-il en souhaitant savoir quoi dire. Je n’aurais pas dû appeler. Je sais que ça fait longtemps, je ne sais pas pourquoi…

−L’accident, coupa-t-elle doucement, c’était il y a deux ans demain.

Il reposa sa tête contre le dossier du divan et à travers ses larmes, vit des ombres danser au plafond. Il n’avait pas voulu se rappeler, il n’avait pas voulu. Sa poitrine lui faisait mal et il voulait crier, vivre, mourir, parce qu’il comprenait soudain pourquoi il avait appelé, pourquoi il s’était laisser couler. Il repensa au bruit du métal, aux flammes, à Mac, au choc et au sang.

−Mac… Bredouilla-t-il.

−Tu m’as manqué.

−Je n’aurais pas du appelé.

Il ferma les yeux. Il aurait voulu pouvoir encore prier, aller au cimetière, même s’il ne croyait plus. Il chercha dans son esprit un endroit où il pourrait se rendre, n’importe où pourvu qu’il retrouve la paix et qu’il sorte cette conversation de son esprit.

−Tu es partie pendant deux ans, continua Harm.

Il l’entendit arrêter de respirer, et quand elle recommença, sa voix était plus lente, plus triste, encore plus désespérée. Son ton était si bas, si faible, qu’il crut avoir imaginé ses mots.

−J’étais amoureuse de toi.

Les larmes continuèrent de couler le long de sa joue et il se rendit compte que tout lui manquait : le froid, le Jag, son appartement à Washington, son lit avec elle dedans.

−Où étais-tu ?

−Harm…

−Dis-moi, continua-t-il en suppliant.

Elle obéit, comme tant de fois auparavant.

−Orlando. J’ai pensé à toi, Harm. Chaque jour, je pensais à toi. Mais je ne pouvais rien te dire.

Il se demanda si rien ne serait jamais simple entre eux. Il se demanda si elle lui donnerait jamais des détails ou s’il allait devoir les lui arracher de la bouche. Il se demanda si après tout, il avait vraiment envie de savoir. Il se demanda si le peu d’explications que sa mère lui avait donné n’était pas suffisant. Si finalement, le plus important n’était pas le simple fait qu’elle soit là.

Il entendit sa voix douce qui continuait :

−Est-ce que tu aimes être ici ?

Il l’écouta et se demanda si quand le cœur se brise, le bruit est similaire à celui de la terre qui se fend sous un séisme.

Lorsqu’il voulut lui répondre, la porte d’entrée s’ouvrit et il aperçut Casey dans le hall. Aimait-il être ici ? Casey ne lui fit aucun signe et commença à rassembler ses sacs pour les porter jusqu’à la voiture. Il la détailla et put apercevoir son visage pincé par la tristesse.

−Es-tu heureux ? Répéta Mac à l’autre bout du fil.

−Oui.

Mais c’était peu convaincant, cru et brisé.

−Parle-moi, continua Harm.

−De quoi ?

Il ferma les yeux parce qu’ils brûlaient, son corps entier le brûlait.

−De n’importe quoi. Juste parle-moi.

Dans le noir, il la vit à côté de lui, comme elle avait l’habitude de l’être. Elle était couchée la tête sur ses genoux et regardait le plafond, fixait les ombres et les lumières. Sa respiration touchait la sienne quand elle riait et il eut l’envie folle de lui dire que tout allait s’arranger, que peu importe ses raisons, il lui pardonnait, qu’ils pouvaient recommencer à vivre.

−Dans l’avion, ce matin, j’ai rencontré quelqu’un de spécial. Elle était assise à côté de moi et nous avons parlé. Elle m’a donné la force de venir te voir. Est-ce que tu me crois si je te dis qu’elle avait quelque chose de vraiment exceptionnel ?

Harm soupira. Il pensa à cette femme au cimetière, il pensa à la soi-disant mort de Mac, il pensa au rôle joué par sa mère, il pensa à toutes ses visons et à sa colère. Il pensa qu’après aujourd’hui, plus rien ne pouvait encore l’étonner.

−Si tu savais le nombre de choses exceptionnelles que je suis prêt à croire.

Il repensa à Casey, quelques mètres plus loin en train de faire ses bagages. Il revit tout ce qu’il avait fait semblant de vivre avec elle parce qu’il avait juste besoin de quelqu’un qui n’était pas Mac. Casey n’était pas Mac, c’est vrai. Mais face à ses propres besoins, il avait oublié ce qu’elle avait pu ressentir. Il reprit son souffle et serra les poings.

−Si nous n’avions pas eu d’accident, serais-tu encore là ? Murmura-t-il.

La pluie s’écrasait contre la fenêtre et les goutes d’eau glissaient le long de la vitre. Il l’entendit remuer.

−M’aimerais-tu encore si c’était le cas ?

Il ferma les yeux. Il voulait lui dire que peu importe ce qu’elle pouvait croire, il l’aimerait toujours. Que même quand il la croyait morte, il n’avait jamais cessé de l’aimer, de la voir et de lui parler. Il voulait lui dire qu’au fond de lui, elle avait toujours été là, et que rien n’aurait pu changer ça. Il racla sa gorge pour parler mais la voix souple de Casey emplit la pièce :

−Harm ? Je suis prête.

Casey se tenait appuyée contre l’embrasure de la porte et soutenait son regard. Il la fixa un moment, sans savoir quoi dire, le combiné du téléphone posé contre son oreille. En ne voyant aucune réaction de sa part, Casey lui fit un léger signe de la main et se retourna pour partir. Il n’y avait plus rien à dire.

Harm la regarda fermer la porte derrière elle. Il se demanda si un jour, tout serait plus simple. S’il arrêterait de blesser les gens auxquels il tenait et s’il attendrait enfin cette sensation de plénitude et de bonheur absolu à laquelle il avait tant rêvé. Soudain, il perçut le son de la voix de Mac qui murmurait son nom.

−Harm…

Elle s’arrêta une seconde, puis deux, puis trois pour continuer à parler. Et au rythme brisé et vaincu de son timbre, il sut qu’elle avait entendu Casey :

−Depuis quand n’es-tu plus amoureux de moi ?

Il tint le téléphone dans sa main encore longtemps, même si elle avait raccroché.

Il tint le téléphone dans sa main encore longtemps parce que le son de sa voix, qui lui criait ces mots, ne le laissait pas tranquille.

Il tint le téléphone dans sa main encore longtemps, et le serra comme un fou. Puis, dans un mouvement de rage inexpliqué, il retourna la table basse derrière laquelle il était assis. Tout s’écrasa au sol et le verre de bourbon qui trainait encore là se répandit en mille morceaux.

Harm fixa les bouts de verre éparpillés sur le sol et serra la mâchoire. Il était comme ses petits morceaux de cristal : transparent et brisé.

Il devait évacuer tout cette colère qu’il sentait au fond de lui, il le savait. Pourtant, il se rendit compte qu’il ne s’était plus senti aussi vivant depuis longtemps. Son sang bouillait et ses poings étaient crispés. Il avait chaud et envie de tout casser.

Soudain, Harm en eut marre de cette passivité. Il se leva d’un mouvement sec, empoigna sa veste et claqua la porte en sortant.


Tu craques. Complètement. Tu ne pleures pas, tu ne cries pas. Tu es juste en colère. Tu abandonnes cette inertie dans laquelle tu te complaisais depuis trop longtemps. Tu abandonnes cet état impassible que tu avais appris à accepter. Tu abandonnes tout espoir, tout rêve, tout envie. Tu te laisses couler, juste en te noyant. Mais n’oublie jamais que s’abandonner au désespoir sur la ligne de départ, c’est déjà partir perdant.

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Didine
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BélierChèvre
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Ven 13 Juin - 19:34

Suis vraiment pas rassurée, par rapport à la douleur dans la poitrine.

Tu vas pas lui faire avoir gros bobo, hein?

Même la lettre de maman Rabb me fait peur.

C'est triste, mais joliment écrit. Mais triste.
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Ven 13 Juin - 19:39

ahhhh je suis contente que tu aies remarqué la douleur dans la poitrine... Laughing c'est pas passé inaperçu Wink

merciiiiiii de lire attentivement... Razz

je sais que c'est triste... mais comme je suis pas une shippeur maudite mdr y'aura une belle fin lol!
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Didine
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BélierChèvre
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Ven 13 Juin - 19:40

J'avais remarqué l'enseigne, tu pensais que j'allais passer à côté. lol!
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Victoire
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Ven 13 Juin - 21:52

Pour le coup je crois que c'est moi qui vais avoir la crise cardiaque, moi aussi bobo dans ma poitrine!
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sedb
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BélierDragon
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Sam 14 Juin - 9:48

J'aime trop ta fic Very Happy tu me tiens trop en haleine !! Very Happy

Vivement la suite Very Happy
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Isabelle
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MessageSujet: Re: Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)   Sam 14 Juin - 21:38

pale pale Il a vraiment pas l'air bien. Et ils n'arrivent toujours pas à se parler.

Ravie de savoir qu'on aura une belle fin, à mon avis, ils n'ont pas fini de souffrir.
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Trois mètres au-dessus du ciel (Terminée)

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